POURQUOI
N’ETES VOUS PLUS LORRAINS ? Suite
à la défaite de 1870 et, en exécution du traité de paix de Francfort
du 10 mai 1871, ratifié par la loi du 18 du même mois, et de la
convention du 11 décembre 1871, ratifié par la loi du 9 janvier 1872,
les Alsaciens et Moselle ont eu à opter pour la France. Il
a été laissé aux Alsaciens et aux Mosellans la possibilité d'opter définitivement
pour la Nationalité Française, avant la date du 30 Septembre1872, avec
pour les « Optants » un départ de leur région Alsace ou Moselle vers
le reste de la France, l'Algérie, les Amériques ..., Environ
450.000 Alsaciens et Mosellans ont opté pour la nationalité française.
Mais tous n’ont pas quitté leur région … Les Alsaciens-lorrains qui n'ont pas opté dans les délais fixés par la loi sont devenus, conformément aux dispositions de cette convention "de nationalité allemande".Ce fut à ce moment-là que notre famille commença à se disperser. Les premiers de nos Grands-parents à désirer rester Français furent : Nicolas
Humbert et son épouse Alsacienne, Anne-Marie Kieffer. Nicolas
servait dans les cuirassiers, il fait sa déclaration d’option le 10
novembre 1871 A la mairie de Boulay (Lorraine Allemande).Ils iront
d’abord tout près, en Meurthe et Moselle. Son métier de Douanier le
mènera ensuite le long de la frontière belge mais reviendra finir ses
jours à Longwy en 1911. Trop tôt pour voir sa Lorraine libérée ! Voici pourquoi, aujourd’hui, vous habitez en Picardie, Bretagne, Provence, Poitou …Après des étapes dans l’Ain, la Garonne et une période de 10 années en Algérie … Ou irons nos petits enfants ? Le
texte de M. Barrès (1909) ci-dessous décrit cet exode des optants à
Metz. Nous
sommes montés, avec ton grand père, de Gorze jusqu’ici, et nous
regardions tous ces gens qui s’en allaient vers l’Ouest. A perte de
vue, les voitures de déménagement se touchaient, les hommes conduisant
à la main leurs chevaux, et les femmes assises avec les enfants au
milieu du mobilier. Des malheureux poussaient leur avoir dans des
brouettes. (C. Baudoche, histoire d'une jeune fille de Metz- M Barrès)
Cette histoire n’est pas sans nous
rappeler La débâcle de 1940. Notre mère est partie de Fontainebleau,
à pieds en poussant mon landau chargé simplement
du minimum et, de mes rechanges de bébé. Au milieu de milliers
de gens et parfois, du mitraillage pas les Stukas, couchant et se
nourrissant ou nous pouvions, au gré de la possibilité des habitants.
Nous avons pu franchir la ligne de démarcation puis quelques temps à
Châtel-guyon, ensuite Toulouse. Plus près de nous ce fut, en 1962,
l’exode d’Algérie, encore très présente dans les mémoires des
familles, rapatriées dans de très mauvaises conditions. La famille
Pieruccioni fait partie de ces expatriés ! Moi, je l’ai vécu
comme témoin jusqu’en
avril 1963. Finalement, ne sont-ils aussi des optant !... Que les générations de nos enfants
et petits-enfants n’aient pas à vivre de semblables et terribles périodes !...
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